Apparente lacune corrigée dans la politique de vaccination Covid bruxelloise

La semaine passée, nous étions restés sans voix dans notre cabinet médical Papenvest Medical : alors qu’en Flandre les assistants de cabinet faisaient partie du groupe prioritaire pour la vaccination Covid, cela ne semblait pas être le cas à Bruxelles. Apparemment, les assistants bruxellois qui se trouvent déjà depuis un an sur la ligne de front, étaient les grands oubliés de la stratégie de vaccination et devaient continuer à travailler sans être protégés.

Nous avons tiré la sonnette d’alarme auprès des autorités, qui nous ont heureusement fait savoir que les assistants de cabinet bruxellois pourraient en fin de compte bel et bien être vaccinés prioritairement. Les médecins généralistes bruxellois peuvent communiquer à cette fin leurs données aux autorités. Nous publions ici une version mise à jour de l’article que nous avions écrit il y a quelque temps, avant de recevoir la réaction des services administratifs concernés.

Vlaggen Brussel Vlaanderen

La Flandre versus Bruxelles – politique de prévention globale

Globalement, nous pouvons affirmer que la Flandre met en œuvre une démarche de prévention sanitaire plus efficace que Bruxelles. Deux éléments jouent ici un rôle clé.

Tout d’abord, il n’y a qu’une seule instance responsable en la matière en Flandre, le gouvernement flamand, alors qu’à Bruxelles pas moins de trois instances sont compétentes : la Commission communautaire flamande, la Commission communautaire commune (Cocom) et la Commission communautaire francophone. Chaque commission met en place ses propres projets, avec les meilleures intentions, mais il manque une approche centralisée.

Un deuxième élément dans cette histoire tient au fait que Bruxelles est la ville des hôpitaux. Nombreux sont les bruxellois qui ne se rendent pas chez le médecin généraliste pour leurs problèmes de santé, mais qui vont directement à l’hôpital. Or, les hôpitaux s’occupent moins de prévention.

La Flandre versus Bruxelles – la stratégie de vaccination Covid

Les règles générales de la stratégie de vaccination sont imposées par le fédéral. Mais chaque Communauté peut y mettre ses propres accents et prendre ses propres décisions. Ainsi, la campagne de vaccination en Flandre se déroulera dans des centres de vaccination, organisés par des cercles de médecins généralistes et des zones de première ligne ; à Bruxelles en revanche, elle est organisée de manière centralisée par le SCR, le Service du Collège réuni de la Cocom. Et la détermination des groupes prioritaires paraissait donc tellement différente, que nos assistants de cabinet bruxellois en étaient exclus. Les assistants de cabinet bruxellois qui habitent en Flandre sont vaccinés en priorité. L’autorité flamande percevait d’emblée clairement l’importance des assistants en soins de santé, ainsi que le danger qu’ils courent quotidiennement dans leur pratique.

Vaccination Covid : les parties impliquées à Bruxelles

Qui est responsable dans la détermination des groupes prioritaires ? Eh bien, il s’agit du ministre Alain Maron de la Cocom, qui prend les décisions en matière de la stratégie de vaccination à Bruxelles. Elke Van den Brandt est également compétente en matière de santé et de bien-être en tant que membre du Collège réuni, et partage donc cette responsabilité avec Alain Maron. Dans ce genre de questions, les ministres suivent généralement les recommandations d’un comité consultatif.

La campagne de vaccination elle-même est, comme nous l’avons dit, organisée de manière centralisée par la Cocom. Pour son exécution pratique elle fait appel aux 19 communes bruxelloises. Celles-ci se font à leur tour assister par la Croix-Rouge de Belgique (le pendant francophone du Rode Kruis Vlaanderen) qui doit par ailleurs faire en sorte qu’il y ait assez de personnel néerlandophone présent, de sorte que chacun puisse se faire aider dans sa propre langue.

L’avantage de l’implication communale est que les communes sont plus proches de la population que la Cocom. Le désavantage est que le fonctionnement des centres régionaux et communaux sera différent, ce qui peut créer de la confusion auprès des bruxellois.

Les assistants de cabinet sont eux aussi les héros des soins de santé !

Nous avons plaidé auprès des autorités pour une approche bruxelloise où les assistants de pratique soient prioritairement vaccinés, tout comme en Flandre.

Ça fait un an qu’ils font preuve d’un engagement remarquable, à l’instar du personnel soignant, et qu’ils supportent eux aussi la pression énorme qui pèse sur le système de santé. Ils entrent en contact quotidiennement avec des personnes malades, qui ne se tiennent pas toujours volontairement et scrupuleusement aux gestes barrières.

On ne peut donc en aucun cas les mettre sur un pied d’égalité avec du personnel d’accueil ou de caisse dans d’autres secteurs. Les assistants de cabinet exercent sans aucun doute un métier à haut risque pendant cette crise. C’est notamment grâce à eux que les cabinets de médecine générale ont tenu bon durant toute la crise Covid et qu’ils pourront encore tenir le coup pendant les mois à venir. C’est donc non seulement amplement mérité, mais aussi absolument nécessaire pour le bon fonctionnement des cabinets médicaux à l’heure de ce sprint final et des séquelles de cette crise, qu’ils figurent parmi les premiers à être protégés contre une infection Covid.

Issue positive

Suite aux questions du BHAK (voir ci-dessous), la fédération des Medische Huizen (Maisons médicales) et notre cabinet médical, il y a eu heureusement une réaction positive de la part des autorités bruxelloises. Les assistants de cabinet appartiennent également au groupe prioritaire et recevront sous peu leur convocation pour se faire vacciner. Au cabinet médical, nous nous félicitons évidemment de cette nouvelle réjouissante.

Nous tenons à remercier chaleureusement Hicham Vanborm du BHAK et aux collaborateurs du ministre Maron et du ministre Van den Brandt pour les informations précieuses qu’ils nous ont fait parvenir pour cet article.

Le Brusselse Huisartsenkring BHAK (Cercle des médecins généralistes bruxellois) soutient les médecins généralistes bruxellois néerlandophones. Cette organisation est responsable du service de garde légalement obligatoire, prévoit des formations continues et est présente dans plusieurs organisations externes et conseils consultatifs afin de faire entendre la voix des médecins généralistes néerlandophones et de leurs patients.

Hicham Vanborm est coordinateur de cercle auprès du BHAK. Il sert de caisse de résonance pour les médecins et œuvre activement à la création et le maintien d’un réseau qui permet à l’organisation de se faire entendre. Le BHAK est actif à Bruxelles mais est subsidié par la Flandre. C’est pourquoi l’organisation veille continuellement à ce que ni la Flandre, ni Bruxelles n’oublient les Médecins néerlandophones de Bruxelles (et leurs assistants).